Buckfest au Playhouse - Montréal (Qc)
Le samedi 11 février 2006
Subsistance, Les prostiputes, Urban Aliens, les petits paquets &
Starbuck et les impuissants
Photos : Julien MIB
Chronique : Julien MIB

De retour en France, je me souviens...

Nous sommes Lundi, je suis en France et des images continuent de passer de ce wéékend à Montréal. Des restes des rues, de ce retour au Café Chaos Samedi après-midi, endroit définitivement attachant, de cette poutine péniblement achevée et qui me fait m'interroger sur la véracité de l'improbable exploit de Marcor des René Binamé lorsqu'il en avala deux sur le DVD "a la Casa del Popolo".

Je me souviens ensuite d'un trajet en Bus, quittant le sympathique Quartier Latin pour retrouver le Playhouse, lieu du second épisode du Buckfest, dans un quartier beaucoup plus banal dirons nous. L'endroit est assorti au quartier: une salle que ne renierait pas une quelconque boîte de nuit de province française. Le fond est tapissé de quelques machines à jeu, le bord en renvoie les images par son mur de miroirs cher aux poseurs de circonstances. La scène est flanquée là, entre deux petits promontoires d'où le public surplombe les groupes comme autant de juges d'une compétition de danse de salon. Non, vraiment, l'endroit n'a rien de chaleureux cette fois et la politique en matière d'accueil des groupes (=rien pour eux) ne surprend même plus.
Je me souviens avoir été surpris de la prestation de Subsistance qui ouvrit le bal, bien plus surprenant que la veille. Dans un trip speed-punk aux limite du hardcore, leur technique a allumé la soirée malheureusement au profit d'un chant en anglais. Pourquoi? Quoiqu'il en soit, alors que leur prestation du Vendredi, en clôture de soirée passa relativement inaperçue, celle de Samedi fut bien plus remarquée. Au détriment peut-être de Boycott, qui les suivirent sur la piste, dont le crust punk de facture assez classique aura du mal à se démarquer. Aussi faut-il dire une fois encore que le choix de l'anglais n'ajoute rien côté originalité.
Je me souviens que le punk un tantinet confus mais fort sympathique des Petits Paquets aura commencé à me rappeler qu'il s'agissait aussi là d'une fête. Peut-être sommes nous plus réceptifs aux traits d'esprits lorsqu'ils sont énoncés dans la langue de Molière, auquel l'accent local ajoute une chaleur particulière? Le début d'une série puisque dans la foulée Les Prostiputes , avec qu ils partagent deux membres, viendront balancer un rock parfois limite garage-punk dans une formation power trio plutôt enthousiasmante. Vivement que ces trois là viennent faire un tour de ce côté-ci de l'Atlantique.
Je me souviens de la tête déconfite d'Alex, commençant à accuser le coup sur une chaise, de l'endurance de Sarah qui se remettait d'un tatouage frais gravé de l'après-midi, de l'état de nefs de Bozo après une trop longue succession de nuits blanches. Seul Seb parvenait encore à tenir la route pendant que Urban Aliens venait envoyer du pur Hx Punk sur le stage et que Starbuck et les Impuissants affûtaient leurs armes au propre comme au figuré. Le set de S.E.L.I. ne fut finalement pas si surprenant côté spectacle, dont les multiples excès m'étaient promis depuis la veille. Ce qui le fut plus en revanche c'est que celà s'accompagne de morceaux calés, qui tiennent sérieusement la route et suffisent à eux seul à rendre S.E.L.I. plus qu'intéressant. Ah... "les anglaises me font débander"... pur moment de poésie.
Je me souviens que comme la veille, les horaires des transports en communs mirent à mal l'assiduité de l'assistance au moment où le set des Vieilles Salopes s'annonçait. Ceux qui auront quitté là les débats auront sans doute manqué le meilleur set des VS du Buckfest. Sortant d'on ne sait où, Alex aura tenu la partition à la baguette et le reste de la troupe aura suivi (histoire de foutre la merde dans un groupe en un compte-rendu Smile ). L'image de Sarah, en robe de gala sur fond de machines à sous. Une fin de soirée en boîte de nuit d'une décadence parfaite, les Vieilles Salopes restent là sur une très grande dernière prestation. Fin de soirée, fin de tournée, fin de week-end. Retour par l'inévitable tacot, super buffet veg du lendemain sur St Denis puis l'avion.