Buckfest au café Chaos - Montréal (Qc)
Le vendredi 10 février 2006
avec Peretroïka, Bonne journée, Korrigan Fest,
Les Sacs à gnôle & Subsistance
Photos : Sirius, Julien MIB, Alex & Sarou
Chronique : Julien MIB

La coolitude des US côte ouest mais en VF, avec un paquet de degrés celsius en moins et la possibilité de fumer dans les bars en plus: bienvenue à Montréal

Ayant décidé de suivre les Vieilles Salopes dans un week-end québequois dont ils deviennent coûtumiers, les évènements m'auront donc ammené à les retrouver lors de leur participation au "Buckfest", week-end montréalais de punk, de bière et sûrement de débauches aussi pour d'autres.

Sortant de l'aérogare le néophyte en matière de Quebec découvrira par les fenètres de la navette qui le ramènera en ville les autoroutes et les banlieues de Montréal. Celles-ci n'ont au fond de différent avec les highways et les suburbs US que la traduction de leur nom tant il est immédiatement perceptible que nous sommes ici en Amérique, que ce soit clair. Théatre de la prestation de la soirée: le Café Chaos, sis rue St Denis, dans ce que les autochtones surnomment "le quartier latin".
Petite parenthèse "guide du routard": arrivé là, j'ai du vérifier que j'étais bien au Canada, tant l'entourage m'a furieusement rappellé Haight/Ashbury à San Francisco -peut-être à cause des multiples magasins de pipes à crack et de piercing-, ou les multiples lieux du pays "grunge" (états de Washington, Oregon etc...) du voisin américain -peut-être à cause des multiples restos vegs et bars pas vegs du tout-. Le thermomètre inversement proportionnel à la chaleur de l'accueil, dans ma langue natale en plus, me confirmeront que je suis au bon endroit. Fin de la parenthèse tourisme ce n'était pas le but du moment.
Le Café Chaos n'est pas n'importe quel rade tolèrant le rock du bout des lèvres, comme tant de groupes doivent apprendre à s'en contenter en France. Pour information, Café Chaos est une coopérative de travail, concept de la coopérative appliqué à un bar plus séduisant après explications que son nom ne le laisserait présager (il y a quand même "travail" dedans...). Sur deux étages -bientôt trois paraît-il-, l'endroit suinte la culture souterraine (je m'applique à éviter les anglicismes, si honnis par les quebequois). Au rez-de chaussée la partie Café, au premier la partie Chaos: une jolie scène, un joli bar, une faune sans hésitation possible punk bien que totalement dépourvue de canidés.
C'est donc là que je retrouve les Vieilles Salopes à la fin de leur seconde tournée Canadienne. D'entrée une évidence: le pays à l'air épuisant. Heureusement pour eux, l'enthousiasme des acteurs de la soirée confirme que ces mines déconfites viennent probablement plus d'abus de libations que d'un labeur harassant. Les premiers protagonistes que je verrais en action -Les sacs à Gnôles, autre groupe de Starbuck, acteur clef du Buckfest- récupèrent in extremis un chanteur quasi-opérationnel avant de monter sur scène.
Pour autant, s'il ne l'avait pas ainsi proclamé au bout de quelques morceaux on aurait eu du mal à le croire, le spectacle tenant plus qu'honorablement la route. On y retrouve d'ailleurs un répertoire qui ne choquerait aucune oreille française, basé sur des reprises de Pigalle, des Sheriffs et consors d'une certaine époque du Punk en France. J'apprendrai plus tard que le dit chanteur n'est pas originaire de la belle province, expliquant un pourquoi les reprises sonnaient plus l'ail et les cuisses de grenouille que le sirop d'érable. Bref, ayant raté le début de la soirée, cette mise en oreille-là fut plutôt agréable.
Seconde parenthèse du routard: dans le respect des règles de plateaux américains les sets durent ici 40min et l'horaire est quasiment tenu à la minute. Nous sommes loin des plateaux européens aux horaires dérivants et aux durées sets laissés à l'appréciation des groupes, ou des organisateurs. Fin de la seconde parenthèse.
Dans la foulée viennent sur scène les Korrigan Fest. Dès les premiers accords, on devine que l'on revient là dans un univers de punk plus celtique, avec un furieux parfum de Pogues. C'est terriblement efficace dans ce genre d'endroits. Pour être honnète dois-je confesser que j'ai totalement adhèré à leur set? Un endroit sympathique, des gens sympathiques et de la bonne musique, faut-il ajouter que la bière est à la hauteur du reste pour convaincre que nous somme là en présence d'un de ces lieux à placer sur la grande carte mondiale du milieu alternatif?
Je ne détaillerais pas à l'excès le set des Vieilles Salopes, qui ne fut peut-être pas le meilleur qu'il me fut donné de voir. Un poil de précipitation dans le tempo pour eux, un début de rattrapage de fatigue du voyage pour moi: mauvaise mayonnaise. Apparemment pas l'avis du public qui apprécie visiblement même s'il subit la loi du dernier métro et y laisse une partie de ses effectifs. J'en profitais pour entamer une discussion sur "la scène punk", des stooges à nos jours, aux US, au Canada et en Europe avec une des figure de la salle parait-il. Tout en continuant à tenir le stand de distro que j'avais rapporté d'outre Atlantique.

Malheureusement trop peu de souvenirs du dernier groupe, Subsistance, pour en faire un quelconque report. Déjà on parle de la soirée du lendemain et de la performance annoncée et attendue de "Starbuck et les Impuissants" dont la soirée est censeée accompagner la sortie de l'album ... J'ai donc délaissé les Vieilles Salopes au profit de Morphée, heureux d'avoir pu découvrir l'endroit, les gens, et d'avoir pu partager un peu de temps là.